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Saint Bertrand de Comminges

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Superficie : 1120 ha

Population 1999 : 237 habitants

Habitants : les Saint-Bertrannais

Cours d’eau : la Garonne

 

Origine du nom : du saint éponyme et du latin convenarum, « des rassemblés », en référence aux origines diverses des personnes rassemblées pour Pompée pour fonder la cité.

 

Historique :

En 72 avant J-C., Pompée revient d’une expédition des Espagnes, où il a mis fin à une tentative d’indépendance fomentée par Sertorius contre la république romaine. En repassant les Pyrénées, il fonde la cité de Lugdunum Convenarum en sédentarisant les Celtibères, qu’il ramène comme captifs, ainsi que d’autres peuplades pyrénéennes dont il a auparavant mesuré la vaillance. A la mort de Clovis, le royaume des Francs est divisé. En 585, Gondowald, fils bâtard de Clothaire Ier et prétendant à la succession, est poursuivi par Gontran, roi de Bourgogne. Gondowald se réfugie à Lugdunum Convenarum. Gontran le déloge, tue Gondowald, et rase la cité. A la fin du XIe siècle, Bertrand de l’Isle Jourdain relève la cité de ses ruines. Il y édifie la cathédrale et redonne vie à l’évêché de Comminges, qui comprend alors la vallée espagnole du Val d’Aran. Peu après sa mort survenue en 1123, la cité prend le nom de son rédempteur. Suit alors une grande période de prospérité. L’un de ses évêques, Bertrand de Got, devient pape sous le nom de Clément V, premier pape d’Avignon. Pendant la révolution, le territoire de l’évêché de Comminges est partagé entre Toulouse et La Seo de Urgel (Espagne). En 1790, la ville devient chef-lieu de canton. En 1794, elle est renommée Hauteville. En 1888, en raison de sa position excentrée, elle cède son titre au profit de Barbazan, qui est alors la station thermale en vogue. Depuis, Saint-Bertrand de Comminges vit au rythma des jubilés qui accompagnent la mémoire de l’évêque.

 

Monument circulaire (Ier siècle avant J.C.) (Calcaire, d : 7,72 cm) :

Ce monument était situé à la croisée des voies romaines de Dax et de Toulouse. C’est pour cette raison qu’il est appelé le Quadrivium. Il est érigé sous le règne d’Auguste, peu de temps après la construction de Lugdunum Convenarum. Les carrefours sont pour les romains des lieux sacrés. C’est pourquoi une échancrure est pratiquée dans le mur d’enceinte. Elle constituait le passage obligé pour le citoyen qui souhaitait accéder au monument. A la fin du IVe siècle, le monument est rasé pour permettre la construction du forum. Le carrefour devient ainsi une place publique. Le monument a été restauré à la fin du XXe siècle.

 

Fragment de trophée (Entre le Ier et le Ve siècle) (Marbre) (Musée archéologique départemental de Saint Bertrand de Comminges) :

Ce trophée communément qualifié d’augustéen est l’un des monuments retrouvé sur le site de Lugdunum Convenarum. D’après les nombreuses études dont il fait l’objet, il pourrait commémorer certainement trois victoires importantes : celle d’Actium, celle sur l’Espagne et celle sur la révolte de l’Aquitaine. Il aurait été érigé en 25 avant J.C., puis détruit lors des troubles de 68, à la suite du suicide de  l’empereur Néron. Il y eut des troubles partout dans l’empire, même dans le Comminges pourtant bien éloigné de Rome. Les multiples fragments sont mis à jour en 1926. Sa reconstitution intégrale n’est pas encore terminée.

 

Cathédrale Sainte Marie (Du XIIe au milieu du XVIe siècle) (Pierre et bois) (Ville haute) :

L’ancienne capitale des Convènes occupe une position stratégique. La cathédrale édifiée à hauteur des premiers contreforts pyrénéens, joue un rôle défensif à l’époque féodale. Le clocher porche surmonté de hourds en bois, date de cette période. L’édifice est transformé jusqu’au milieu du XVIe siècle. Il abrite les tombeaux de plusieurs évêques, et conserve un trésor ainsi qu’un crocodile empaillé. Le festival d’orgue qui y est organisé chaque année est réputé au niveau international.

 

Stalles (XVIe siècle) (Bois sculpté) (Cathédrale Sainte-Marie) :

Le chœur forme comme une enceinte réservée au chapitre des chanoines. Aussi l’évêque Jean de Mauléon l’a-t-il doté de 28 stalles basses et de 38 stalles hautes dominées par des baldaquins et une frise Renaissance. L’ensemble richement décoré est rehaussé par une stalle épiscopale. Ce mobilier est complété par une chaire hexagonale incorporée dans le jubé.

 

Orgue (XVIe siècle) (Bois et étain) (Cathédrale Sainte-Marie) :

Construit après l’achèvement des stalles, cet orgue d’angle, en bois et étain, est considéré comme l’un des plus beau x de la Renaissance. Son plafond est orné d’écussons. L’instrument a subi de nombreuses modifications. Menacé de destruction en 1793, il est restauré par tranches à partir de 1835 jusqu’en 1974. Il est constitué de 3000 tuyaux et de 41 jeux, dont 10 datent des XVIe et XVIIIe siècle. Ceux-ci sont répartis sur trois claviers et un pédalier.

 

Mausolée (XVIe siècle) (Fresque) (Cathédrale Sainte-Marie) :

Récemment découvertes derrière le maître-autel, sous des peintures sur toile, ces fresques, qui datent du XVIIe siècle, sont la caractéristique de la peinture populaire locale. Le décor des panneaux est inspiré du livre des miracles de Saint Bertrand, rédigé par Vital. Elles enseignent aux pèlerins l’état de gloire et de sainteté du saint évêque.

 

Cloître (Du XIIe siècle au XVIe siècle) (Marbre et calcaire) (Cathédrale Sainte-Marie) :

Ce cloître, en marbre et calcaire, édifié autour d’un cimetière, est destiné à accueillir les chanoines servants de la cathédrale. Ceux-ci suivent la règle de Saint Augustin. La construction débute par l’aile ouest au XIIe siècle, et elle est achevée avec l’aile nord au XVIe siècle. Elle recourt à de nombreux remplois de colonnes romaines, et mêle ainsi des thèmes iconographiques païens et chrétiens. Le pilier dit « des 4 évangélistes » est sculpté dans un monolithe.

 

Maison Bridault (XVe siècle) :

Cette maison est caractéristique de l’architecture locale au XVe siècle. Sa tour hexagonale est surmontée d’une poivrière. Depuis 1964, cette maison abrite le bureau de poste.

 

Porte Majou (XVe siècle) (Pierre) :

La porte Majou ou « porte major » est l’entrée principale de la ville. Des éléments de remploi portent des inscriptions mortuaires romaines, et l’arcature est dominée par une pierre aux armes du cardinal Pierre de Foix. Le site a été le témoin de la sortie de Gondowald en 585. Elle comporte dans ses murs une prison où saint Benoît-Joseph Labre (1748-1783) a été enfermé. Les vestiges d’une tour romaine y subsistent, et l’hôpital était établi à proximité.

 

Porte Cabirole (XVIIe siècle) (Calcaire) :

Au Moyen-âge, la porte primitive donne accès à la ville haute. Elle est alors probablement équipée d’un pont-levis. Une tour surplombant l’à pic de la falaise lui faisait face, à l’emplacement de la barbacane érigée ultérieurement avec des remplois médiévaux. La porte est reconstruite au XVIIIe siècle avec des remplois antiques. Ainsi une louve romaine figure-t-elle sur une pierre sculptée. Le cintre comporte plusieurs sculptures, ainsi qu’une inscription en l’honneur de Tibère. Le site est probablement celui du palais épiscopal. Le passage couvert qui surmonte la porte relie deux maisons anciennes.

 

Vestiges de Saint-Julien (IVe siècle) (Calcaire) (Le Plan) :

Les vestiges d’une église paléochrétienne attestent l’ancienneté de l’établissement d’une communauté chrétienne en Comminges. Saint Jérôme, dans son Contra Vigilantio rédigé en 406, mentionne an évêque du Comminges. Ce site est probablement un lieu funéraire et sacré avant même la sacralisation chrétienne. Des sarcophages sont encore visibles, ainsi que le tracé de quelques fondations.

 

(Source : Le Patrimoine des Communes de la Haute-Garonne, Tome I, Ed. Flohic, Paris, 2000.)

 

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Mise à jour : 29/04/08

Création : Office de Tourisme de Barbazan - Juillet 2006