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Ardiège

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Superficie : 380 ha

Population 1999 : 325 habitants

Habitants : les Ardiéjois

Cours d’eau : Ruisseau de Longuariège

 

Origine du nom : du basque ardia, « carrière de pierres ».

 

Historique :

Appartenant à l’ancienne peuplade des Garumni, le village est habité avant que les Romains ne viennent coloniser la région. De nombreuses inscriptions épigraphiques et des autels votifs consacrés au dieu Leheren y ont été retrouvés. A l’époque romaine, Ardiège, dénommé Ardeïa, prend de l’importance et devient la capitale du Pagu Riparius, le « Pays de Rivière ». Au Moyen Âge, le village relève de la châtellenie de Pointis. Il passe dans celle de Sauveterre, avec laquelle il est ensuite intégré dans le vicomté de Nébouzan. En 1409, le seigneur du lieu lui concède une charte, écrit solennel qui octroie des droits aux habitants, fixe leurs devoirs et régit la vie de la communauté. Ce seigneur est alors l’un des curiaux de Rivière, c’est-à-dire l’un des personnages chargés de rendre la justice dans la région.

 

Autel votif au dieu topique Leheren (Entre le Ie et le Ve siècle) (pierre 34x22 cm) (Musée Saint Raymond à Toulouse) :

Avant la domination romaine, les peuples pyrénéens ont leurs propres dieux topiques. Les Romains amènent avec eux leurs croyances religieuses, qui entrent progressivement dans les mœurs. Cherchant pourtant à se concilier les peuples colonisés, ils respectent leur foi. L’inscription de cet autel votif, découvert à Ardiège à la fin du XIXe siècle, signifie « A Mars Leheren, Ingenus, fils de Siriccon, avec une juste reconnaissance, en accomplissement d’un vœu ». Il témoigne de l’association de la tradition religieuse romaine, Mars, à celle d’un dieu topique, Leheren. Le nom de ce dernier ne se retrouve pratiquement que dans cette localité et, dans certains écrits, le dieu est appelé « le dieu Leheren d’Ardiège ».

 

Tour de guet du Houcheton (XIIe siècle) (Le Houcheton) :

Les vestiges de nombreuses tours, en général de section carrée, subsistent au pied des Pyrénées. Au Moyen Âge, ces éléments participent à la défense des populations. Ils sont communément appelés « tours à signaux », lorsqu’un danger est détecté, un feu est allumé à leur sommet. Le signal est ainsi répercuté d’une tour vers une autre ou vers le donjon d’un château fort. Outre ce rôle de signal, la tour du Houcheton constitue vraisemblablement une petite fortification où les habitants du village qui l’entourait, et qui a aujourd’hui disparu, pouvaient se réfugier.

 

Eglise Saint-Pierre et Saint-Paul (1856 et 1857) (calcaire et galets de la Garonne) :

Pour construire cette église, il a fallu raser l’édifice qui s’élevait à cet endroit, éliminer le campanile qui en masquait l’entrée et reprendre les substructions. Au cours de ces travaux, une quantité importante de pierres de remploi sont mises au jour. L’édifice renfermait des autels votifs, des fragments de sculptures et de statues, des dalles de marbre, des chapiteaux de tailles et de formes diverses, des colonnes, et surtout un nombre important d’inscriptions dédiées au dieu Leheren. L’église, reconstruite, est consacrée en mai 1866 par Mgr Desprez, archevêque de Toulouse.

 

Fragment de sépulture (Entre le Ie et le Ve siècle) (marbre 25x25 cm) (Eglise Saint-Pierre et Saint-Paul) :

La haute vallée de la Garonne subit l’influence de Rome pendant environ cinq siècles. Une quantité importants de fragments de monuments ou d’objets divers datant de l’époque romaine a été retrouvée. Au fur et à mesure de leur découverte, ils sont réutilisés dans des constructions ou déposés dans des musées. Cette pierre sculptée, dont la provenance est inconnue, est encastrée dans l’un des contreforts de l’église lors de sa reconstruction en 1856. Il s’agit certainement d’un fragment de monument funéraire. Les deux bustes indiquent que les corps des époux sont rassemblés dans la même sépulture. L’église a donc été construite sur l’emplacement d’un ancien lieu de culte au dieu Leheren, réutilisé pendant la période de la domination romaine, puis investi par le christianisme.

 

(Source : Le Patrimoine des Communes de la Haute-Garonne, Tome I, Ed. Flohic, Paris, 2000.)

 

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Mise à jour : 29/04/08

Création : Office de Tourisme de Barbazan - Juillet 2006