Superficie : 430 ha
Population 1999 : 84 habitants
Habitants : les Antichanais
Origine du nom : de
l’anthroponyme romain Antistius, et de Frontignes, nom de la région
adjointe en 1921 pour distinguer la commune d’Antichan situé de l’autre côté
de la Vallée de la Garonne.
Historique :
A l’époque romaine, ce lieu
est le domaine du romain Lucius Antistius Syntropus. Il dédie un autel à
Artahe, dieu ours, qui a donné son nom à la commune voisine de Saint Pé
d’Ardet. Au Moyen-Âge, Antichan fait partie de la châtellenie de Fronsac
et est intégrée dans le comté de Comminges.
Vestiges de la Chapelle Notre Dame de Blissan (IXe
et Xe siècle) :
Seul un pan de mur du
clocher-mur de la chapelle subsiste. Cette chapelle aurait été construite
sur l’emplacement d’un sanctuaire païen et son appellation « Blissan »
serait la déformation de « Bélisama », divinité gauloise
assimilée à Minerve. En 1729, le mariage de Pierre Fontan
d’Antichan et de Catherine Ferran
de Génos y est célébré. Dans son voyage archéologique (1856), Cénac-Moncaup
décrit un édifice voûté en cul de four avec une nef en berceau en plein
cintre, soutenus par deux contreforts à l’abside et quatre à la nef. Il
signale que « par une anomalie singulière, ce temple primitif n’a
pour toiture qu’une couche de terre garnie d’herbe et de joubarbe. »
Vestiges du Château de Pourcinglos
(XIIe siècle) :
Appelés « castet »,
« castet de Pourcinglos » ou « tour de Pourcellus »,
vous trouverez ces vestiges sur les pentes du Gar, au-dessus du village. Le
terme Pourcinglos signifie « sanglier » en patois local.
D’ailleurs, selon le pyrénéiste Maurice Gourdon,
le château pouvait servir de rendez-vous de chasse aux seigneurs de Fronsac,
d’autant plus que la forêt environnante est dénommée « Forêt de
Casseporc ». Cependant, la taille imposante des vestiges du donjon
indique surtout une fonction militaire, tout comme de nombreux châteaux forts
de ce type, implantés le long de la chaîne des Pyrénées.
Château de Binos (Portail) (XVIe,
XVIIIe et XXe siècle) (calcaire et bois) :
La famille de Binos est
l’une des plus imposante du Comminges. Elle est originaire du village du même
nom situé dans la vallée de la Layrisse. La généalogie de cette famille
n’a pu être dressée que récemment du fait de ses nombreuses
ramifications. La tour du château Renaissance demeure, mais de nombreuses
modifications ont été apportées. Certains éléments proviennent d’autres
châteaux de la région.
Notre-Dame du
Mont Carmel (XVIIe siècle) (Bois polychrome et doré,
hauteur 70 cm) (Église Notre-Dame de l’Assomption) :
Sculpture
caractéristique du Comminges, cette Vierge à l’Enfant est vénérée sous
le titre de Notre-Dame du Mont Carmel. En 1836, M. Barès,
curé de la paroisse, crée la confrérie de Notre-Dame du Mont Carmel avec
l’accord de Mgr d’Astros,
archevêque de Toulouse. La confrérie est autorisée à recevoir des fidèles,
sans distinction de sexe, et à célébrer sa fête annuelle le dimanche qui
suit le 16 juillet. Les statuts sont approuvés le 13 décembre 1837 par
l’abbé Berger,
vicaire général. Entre 1836 et 1859, 1208 inscriptions sont dénombrées
dans toute la région des Frontignes et au-delà. La confrérie resta active
jusque dans les années 1950.
Vierge à l’enfant (1870) (Fonte
peinte et pierre) (place de Palu) :
Le culte de Notre Dame est très
répandu en Comminges et vous pourrez trouver de nombreuses représentations
de la Vierge avec l’enfant Jésus. L’inscription gravée sur le socle : « Hommage
à le Vierge Mère Patronne de la Paroisse » témoigne de leur
reconnaissance pour la protection accordée.
Table d’orientation (1924) (Lave émaillée) :
La route du col des Ares est
construite de 1852 à 1856. Le lieu-dit Terrasse-d’Antichan, qui domine la
haute vallée de la Garonne, est alors créé. En 1923, le Touring Club de
France donne son accord pour la réalisation d’une table d’orientation. Rançon,
agent voyer du canton de Saint-Béat, établit le dessin du panorama, ainsi
que celui de la carte centrale. Cayrol
fixe le tour d’horizon sur la pellicule. Fabriquée dans l’usine
Saint-Martin de Riom (Puy de Dôme), la table est inaugurée le 25 juin 1925
en présence du pyrénéiste Maurice Gourdon.
Lettre du Maréchal
Foch
(28 décembre 1925) (collection particulière) :
Après la Première Guerre
Mondiale, le tourisme se développe dans la haute vallée de la Garonne, et
Joseph Dumail
souhaite réussir dans cette entreprise. Il demande donc l’aide du Maréchal
Foch, « l’homme du moment »,
pour appuyer son projet. Car en plus de la célébrité dont il jouit, le Maréchal
est originaire de la région (né à Tarbes, il est issu d’une famille de
Valentine, près de Saint-Gaudens et fait une partie de ses études au séminaire
de Polignan, auquel il reste très attaché toute sa vie). La lettre montre
que les disponibilités du Maréchal n’ont pas permis le soutien que Joseph Dumail
espérait.
Caveau du
chanoine Léopold Médan
(XXe siècle) (Marbre gris) (socle : 100x150x250 cm) (cimetière) :
Gersois par sa mère, Léopold
Médan
(1883-1960) fait ses études au séminaire d’Auch, puis à l’Institut
catholique de Toulouse, d’où il sort docteur en théologie et licencié en
lettres. Professeur de philosophie, il est aussi supérieur du collège de
Gimont (Gers). Grand ami de Joseph de Pesquidoux,
il est passionné d’épigraphie, de géologie, mais aussi grand voyageur, poète
et félibre. Ses meilleurs écrits, qui n’ont pas été réunis, sont en
langue d’oc. Ils sont publiés dans l’Armanac
de la Gascougno, « Almanach de la Gascogne » fondé en 1897,
que Léopold Médan
gère pendant plus de vingt ans. Il y signe des sonnets et autres poésies,
des comédies et des contes ou des éditoriaux sous le pseudonyme du campané,
« le sonneur de cloches ». C’est dans la Revue de Gascogne, fondée en 1860, qu’il livre le fruit de ses
recherches épigraphiques et de ses réflexions régionalistes.
(Source :
Le Patrimoine des Communes de la Haute-Garonne, Tome I, Ed. Flohic,
Paris, 2000.)